Kinsqueer de Kingsqueer...

CROK QUI

Chronique du 30 Mai 2014. "Kingsqueer de Kingsqueer : Entité bicéphale pour Monstrueuse Présence Scénique"

La grande brûlée est partie croquer les King's Queer au Garage.

 

En arrivant au Garage à vélo, ce samedi 24 mai, nous sommes accueillies avec chaleur par l'un des deux King's Queer qui nous remercie d'être venues, nous indique la table des boissons, s'excuse de devoir nous laisser pour aller accueillir d'autres spectateurs. Cette générosité, qui n'est pas le moindre trait de caractère du groupe, se retrouve tout au long du spectacle. Prolixes en voix, en gestes, en images, les deux artistes ont à cœur de combler leur public avec ce qu'ils ont de mieux.

La performance musicale s'ouvre sur une bannière déroulée qui indique : « 93 504 kilomètres et quelques poussières ». En fond sonore, le duo nous raconte un voyage par récits entrecroisés. Entre les souvenirs slamés, les envoûtements chantés, les ambiances rendues à l'harmonica, les horizons ouverts par les King's Queer sont vastes et colorés. Mais attention, il ne s'agit pas de tomber dans l'exotisme. Le politique n'est jamais très loin de leur micro. Sur fond électro-pop, ils enchaînent les satires et les hommages, les coups de gueule et les coups de cœur. De Nice, ils disent que ses « murs sont muets, frappés d'aphasie. », et nous en savons quelque chose, nous qui voyons en quelques jours disparaître toutes les phrases et les images que nous essayons régulièrement d'y laisser. Amours et révoltes ! C'est le leitmotiv du duo, qu'il décline en cris, en contes, en murmures, en panneaux brandis, en chaises grimpées, en roulades au sol, entremêlés l'un à l'autre, avec un sens du contraste et de la complémentarité qui rend l'entité bicéphale irrésistible.

Prévenus dès le début qu'on resterait sur notre faim (le groupe montrait le résultat de vingt jours de travail en résidence), on n'ose pas râler quand la performance se termine, malgré la frustration. En moins d'une heure, on en a vu assez pour savoir qu'on aimerait en revoir. En vérité, je vous le dis : King's Queer est une bombe à retardement. Et j'espère être tout près le jour où elle explosera.

 

Amandine Brûlée

 

Elle se balade, squat vos soirées, s’incruste dans les évènements culturel, s’assoit dans un coin, vous observe, sort son carnet et son stylo et avant même que vous ayez pu dire « petit fourre » elle vous aura croqué et vous finirez dans sa chronique.

Amandine Brûlée ne mort pas, elle croque.

 

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