Le 8 Mars 2014 à la Friche...

CROK QUI

Chronique du 21 Mars 2014. "8 Mars 2014, La Friche : Sous le bitume, le principe féminin domine"

La grande brûlée est partie croquer le vernissage de l'expo "PluriElle" à la Friche, 1 rue Oscar 2 à Nice.

 

Quand j'arrive, tout le monde est déjà en train de se rincer l’œil et le gosier en brouhahant. Je repère un fauteuil fleuri dans l'angle : parfait, voilà ma place au premier rang de ce petit théâtre du monde. Les muses bien lookées prolifèrent : muses à couronne, muses à perruque, muses à corset, muse à cape. Les hommes pour leur part rivalisent du chapeau. Une nymphette en salopettes et basquets vertes photographie tout ce qui bouge. Un groupe bourgeoisement vêtu se replie vers les canapés. « Je n'arrive pas à comprendre ses motivations » s'ahurit une femme à poix. Le modèle pose à côté de son image. Laquelle est la vraie ? Ma copine Kata me rejoint. Elle repère le bon-à-croquer qui m'échappe : « Regarde-le-lui, avec sa tenue en jeans, son gros ventre et sa petite queue ! » Je tourne la tête. Juste le temps de regarder quelqu'un qui regarde ce que quelqu'un a regardé. Les jeux d'yeux sont toujours un peu vertigineux. « Ça donne pas envie, maugrée un aviné, jveux dire voilà, y a pu d'mystère, tout est montré. » De fait, si on additionne toutes les facettes de la femme plurielle, on obtient 19 tétons et 38 chevelures (j'ai compté). Certes, rien qui révolutionne vraiment l'image de la femme, mais c'est de la bonne photo bandante : que demander de plus ?

La lumière baisse, le troupeau migre. L’œil rassasié, allons nourrir l'oreille. Une ou deux chansons, le temps de s'habituer à l'odeur de la moquette, et ça décolle. Les Wild Roses font une belle musique au lyrisme aquatique et au chant viscéral. Ça va au ventre et ça console. Même, ça donne envie d'être encore plus triste pour avoir encore plus besoin d'être consolé, tellement c'est bon. La bassiste nous trouve bien sages, peut-être qu'on est pensifs, occupés à se refaire une peau de notes sur nos écorchures. Peu avant la fin, une enthousiaste en robe rouge et sac à main assorti saute devant la scène et entame une danse frénétique avec force claquements de mains et insistantes injonctions à l'imiter. Personne ne se lève pour la rejoindre, ça tombe bien je vais pouvoir achever mon dessin. Pour finir, les roses bissent leur tube « I wish ». Transformés en émetteur ambulant pas impression sonosensible du refrain dans la mémoire, on rentre chez nous en miaulant : « aïe vouich aïe vouich clap clap aïe vouich aïe vouich clap clap ha-aïe vouiiich » La journée de la femme, c'est bien aussi la nuit.

 

Amandine Brûlée

Elle se balade, squat vos soirées, s’incruste dans les évènements culturel, s’assoit dans un coin, vous observe, sort son carnet et son stylo et avant même que vous ayez pu dire « petit fourre » elle vous aura croqué et vous finirez dans sa chronique.

Amandine Brûlée ne mort pas, elle croque.

 

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