Le Hublot: Des pixels pleins les oreilles

CROK QUI

Chronique du 18 Avril 2014. "Samedi 29 Mars 2014, Le Hublot : Des pixels pleins les oreilles"

La grande brûlée est partie croquer un concert de'électro expérimentale au Hublot à Nice.

 

Ma copine Kata, qui a toujours de bonnes idées, me traîne au Hublot. Nous poussons une porte sans vigile et sans guichet pour monter un escalier en ferraille. En haut, quatre pièces bleuâtrement éclairées dans lesquelles grouillent des enfants et des ordinateurs. Après une rapide investigation, nous repérons la salle où va s'entortiller l'essentiel des expérimentations électro-acoustiques.

Des étudiants s'installent pour une première partie. Après nous avoir montré une partition qui ressemble à un tableau de Kandinsky, ils tirent précautionneusement des notes de leurs instruments respectifs. Celle qui n'a ni contrebasse ni ordinateur à pomme exécute dans le vide des gestes de taï-chi. Mon accompagnatrice, qui se passionne pour toutes les manières traditionnelles et non traditionnelles d'assembler des sons, m'explique l'astuce technologique qui transforme ces mouvements de brasse en vibrations sonores. Les silences, très longs, dévoilent nos fous-rires de pestes irrévérencieuses.

Puis c'est au tour des Ktra de prendre place. Le collectif nous est présenté par Gaël Navard avec de petites vidéos. Quand je lève les yeux de mon carnet de croquis, je vois un homme en slip et en chapeau jouer du trombone dans une baignoire. Dès lors, je suis pratiquement sûre d'adorer ce que je vais entendre. Et de fait, les quatre musiciens manipulent avec talent leurs cuivres en plastiques, leurs claviers lumineux, leurs manettes de console, leurs percussions en caoutchouc, et autres instruments inhabituels. Précis et énigmatique, comme Jean-François Trubert avec ses manettes de Wii qui semble rattraper des balles d'air pour une partie passionnée avec un champion fantomatique, ou imperturbablement cocasse, comme Florian Gourio exécutant un solo de i-phone, ces hommes du futur nous plongent dans des labyrinthes de sons. On s'y perd avec délice pendant une heure et des pixels. En guise de conclusion, Manuel Rosas réalise une improvisation de bidon lumineux très inspirée. On se dégourdit les mains avec des applaudissements sincères, puis on va se les réchauffer autour du bidon que les musiciens ont laissé briller pour nous.

 

Amandine Brûlée

Elle se balade, squat vos soirées, s’incruste dans les évènements culturel, s’assoit dans un coin, vous observe, sort son carnet et son stylo et avant même que vous ayez pu dire « petit fourre » elle vous aura croqué et vous finirez dans sa chronique.

Amandine Brûlée ne mort pas, elle croque.

 

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