Révélation sous la boule à facette, au Glam

CROK QUI

Chronique du 2 Mai 2014. "Samedi 26 Avril 2014 : Révélations sous la boule à facettes, au Glam"

La grande brûlée est partie croquer la soirée Divine du festival In&Out au Glam.

 

Arrivée au Glam un peu avant minuit, je squatte un tabouret, feutre en main, en observant la disposition des ampoules au plafond et les barmen de cette boîte gay. Peu à peu, la salle se remplit d'hommes à manches courtes, biceps ronds et mini-crêtes qui sirotent des canettes à la paille. L'atmosphère s'enfume. Une sucette à la bouche, le DJ mixe. Un petit groupe de copains ont remarqué que je les dessine. En échange d'un croquis, ils me donnent une bière, des sourires et un baisemain. Ils sont câlins, joueurs, coquins. Mon homéostasie se dilate. J'ai alors ma première révélation de la soirée. À la lumière de sa disparition, je me rends compte à quel point le désir masculin pour les femmes, désir constamment au bord du mépris, du rappel à l'ordre ou de la violence, pour ne pas dire du viol, est anxiogène. Pour une fois, je peux aborder des inconnus sans penser à la manière dont je vais être perçue, me laisser caresser sans craindre que ça dérape, danser comme une grenouille sans être entravée par des regards pesants.

La musique et la sensualité montent d'un cran. Un peu partout apparaissent des torses nus, musclés, tatoués, tandis que des pelles se roulent. Tee-shirt noué sous les biceps, un jeune homme exécute une danse du ventre affolée. Son ami lui mordille la nuque et le plaque contre le banc que j'occupe. Je vibre au rythme des secousses qu'ils se donnent. En pleine transe voyeuriste, j'ai alors ma seconde révélation de la soirée. La boîte de nuit est l'image inversée des transports en commun. Tout ce que la proximité des corps interdit dans le tram ou dans le bus, elle l'autorise sur le dancefloor. « Madame, je peux vous demander ce que vous faiiites ? » demande le plus jeune des amoureux en zézayant, car la libération momentanée des corps qui veulent jouir ne supprime pas toute politesse. Une conversation s'engage, je distribue d'autres dessins. Puis, avec Nyden La Fée, je vais suer sur la piste tout ce qu'il me reste d'eau dans le corps. Quand nos pieds ne sont plus bons qu'à nous ramener chez nous, on quitte le Glam. Tandis qu'on marche sur le trottoir, une grosse bagnole rougeasse s'arrête à côté de nous. Le conducteur nous mâte, longuement, et s'en va en faisant vrombir son ersatz de bite à jantes chromées. Soupir... Si les hétéros ressemblaient un peu aux gays, le monde serait plus habitable.

 

Amandine Brûlée

Elle se balade, squat vos soirées, s’incruste dans les évènements culturel, s’assoit dans un coin, vous observe, sort son carnet et son stylo et avant même que vous ayez pu dire « petit fourre » elle vous aura croqué et vous finirez dans sa chronique.

Amandine Brûlée ne mort pas, elle croque.

 

Visitez son blog (public averti)

 

Lisez ses articles dans le web journal des Urbains de Minuit.