L'Amour Fatal

La rubrique Noologique

Chronique du 09 Janvier 2014: "Esope partie 3 et fin"

Les trois Fatas (ou Parques ou encore Moires chez les grecs) représentent les trois phénomènes fondamentaux de l'existence. La Naissance, la Vie, la Mort.

Selon la mythologie, Zeus lui même ne peut se soustraire à la loi des trois sœurs.

 

Aujourd'hui, il nous suffit de penser pour être. OK. Merci René!

Mais dans le contexte du monde grec antique, l'être n'était déterminé que par le bon vouloir du cosmos et de ses forces infinies à l’œuvre constante.

Comme l'olivier croissant au soleil, comme le prédateur bondit sur sa proie, comme la rotation des étoiles au sein lacté de leur galaxie, l'être humain obéit à la loi de L'Univers Infini et sa mécanique bien huilée des causes et de conséquences.

 

Mais alors, quelle place au libre-arbitre?

Te rends-tu compte mon copain lecteur?: Zeus lui-même n'y échappe pas!

 

On est. OK. Mais on est uniquement sous les modalités du mystérieux projet des Fatas.

Merde alors!

Dés la première seconde de notre vie, lorsque la première fata décide de tirer un peu de fil pour nous faire naitre dans un contexte familial et social et géographique, etc qu'elle seule a choisi pour toi. Et cela va déterminer déja une belle partie de ce que tu vas devenir...

Et tu ne sais pas combien de temps tu vas vivre. Certes, le suicide semble une réponse infaillible à cet invulnérable déterminisme. OK.

Mais penche toi bien là-d'ssus mon bon lecteur, et remarque qu'en remontant le fil des causes et des conséquences, la raison profonde de ton éventuel suicide t'échappe de plus en plus...Allé redescend de ce tabouret va, ta liberté n'est toujours pas au bout de cette corde.

 

Et non lecteur, mon poto: Les grecs et Nietzsche l'affirment bien haut:

LE LIBRE-ARBITRE N'EXISTE PAS! ... Merde alors!...

Le déterminisme "fatal" triomphe absolument! Et tu dois te contenter de découvrir ton destin journée-vie après journée-vie assemblées en joli collier de perles dont la longueur est déterminée par la deuxième Fata jusqu'à ce que la troisième le coupe, ce fil tressé de tes inspirations et expirations.

 

Le déterminisme nous dit: "tu n'as pas le choix de devenir ce que tu n'es pas..."

La philosophie de la liberté scande: "deviens ce que tu n'es pas!"

Le tragique Pindare affirme simplement: "deviens ce que tu es" parce que ça résout le problème en définissant la Liberté comme ce qui nous permet de consentir à ce qui est de toute façon, donc tant qu'à faire...

Sur ta coquille de noix, parcourant l'immense océan de l'existence, soumise à ses mille courants, l'un d'eux t'emporte au loin et tu te dis: "ha bah ça tombe bien, c'est exactement cette direction que je voulais prendre!". Gagné!

 

N'en déplaise à M. Coelho, c'est toi qui dois conspirer aux plans de l'Univers et pas l'inverse...

Je peux devenir ce que je suis: uniquement en l'aimant. Voilà l'AMOR FATI !

En aimant ce qui advient, même ce qui parait le pire, je révèle une liberté qui me permet une réappropriation de moi. ("Qu'est ce que j' nous aime, moi et ma vie, putain!")

 

Donc ça commence par se connaître soi-même. Son corps, sa pensée... Parce qu'en découvrant ce que je suis jours après jour (et rien n'est acquis!), je peux prétendre à vouloir l'être: Ce à quoi se réduit la Liberté. Plusieurs méthodes sont possibles...

A force de consentement, d'adhésion, puis d'amour du réel, je suis en pleine possession du fil que les Fatas m'ont réservé.

 

 

Achille Morio

 

Non vous n'êtes pas perdus dans les méandres du cosmos (si... peut être un peu), vous être dans la chronique d''Achille Morio, peintre d’œuvres photo-luminescentes cherchant, dans les luisances nocturnes, les effets de l'ame qui l'anime et de la conscience collective neguentropique, qu'il s'efforce d'honnorer et d'enrichir au mieux.

 

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