Les Nuits Urbaines

Les Nuits Urbaines

«De tout temps, les hommes ont dessiné, peint et gravé sur les murs des dessins et des signes, réalisés sans commandes. Ayant une importance significative pour leurs auteurs et signaux explicites pour leurs observateurs, ils n’ont par conséquent cessé, depuis l’âge de pierre, de susciter l’intérêt et de parfois véritablement faire sensation.» Johannes Stahl, «Street Art», éd. H.F.Ullmann.

 

Les Nuits Urbaines quèsaco ?

 

Les Nuits urbaines c’est un jeu. C’est un évènement qui a lieu tout le temps, partout dans la ville de Nice, la nuit, pendant que vous dormez, des artistes prennent les murs d'assaut. ça peut être vous. Prenez votre appareille photo ou votre téléphone, partez à la recherche des oeuvres urbaine, street art, pochoir, collage, installation plastique, photographiez, vous pointez l'œuvre sur cette carte, puis vous partagez votre photo ou film sur cette page d’évènement facebook.

 

L'art urbain c'est une utopie. C’est un message lancé aux pouvoirs terrestres. C’est la voie du contestataire et de l’anti-institutionnel. Et c’est aussi dire ; la ville est à nous, la ville est une galerie d’art à ciel ouvert.

L’art urbain ce n’est pas cet art marketing comme on peut l’appréhender sur la ligne du tramway niçois, ou encore ce que l’on voit sur les espaces des ronds-points (et que l’automobiliste n’apprécie guère). L’art urbain tire ses racines de l’intention du citadin de transcender l’espace publique qu’il côtoie, à travers la volonté de faire parvenir un message à un interlocuteur citoyen inconnu, une population, un groupe social, voir même, une instance dirigeante.

L’art urbain est un droit qui nous a été enlevé par les gouvernements, non pas en vue de son caractère dégradant, mais suite à l’influence qu’il produit sur les consciences, c’est du terrorisme poétique.

L’art urbain ne devrait pas être soumis à des contraintes imposées par des commandes publiques, ni répondre aux demandes des politico-culturels corrompus, il est né pour les dénoncer.

 

Dans l’artocrate, nous avions déjà parlé de Street art et de terrorisme poétique dans un précédent article, qui concernait notamment la politique anti graffiti de la municipalité de Nice, englobant dans le même sac, intentions artistiques et vulgaires tags. Si vous avez raté cette chronique, venez lire "les artistes sont des Vandales".

 

Dans un même temps, la mairie de Nice a ouvert la cité à un projet culturel appelé Market Zone.

Depuis Novembre 2013, des artistes français et italiens ont été sélectionnés pour participer à un workshop pour réaliser «une manifestation itinérante et interdisciplinaire privilégiant les interventions et recherches artistiques in situ, sur les marchés de la Piazza Galimberti et de Piazza Seminario à Cuneo et le marché de la Libération à Nice».

Le Market Zone débouchera sur une exposition de 3 semaines dans ces lieux d’espaces publiques, d’octobre à novembre 2014.

Durant les conférences données lors du workshop en 2013 du Market Zone à la Villa Arson, l’institution «scolaire» des beaux-arts a tenté de répondre à la problématique de l’art urbain utilisé par les pouvoirs publics. Nous en sauront plus en automne, d’ici là, les Nuits Urbaines continueront de démontrer que l’intention artistique au sein de l’espace publique, n’a pas besoin d’être institutionnalisé et récupéré par les centres culturels politisés pour exister.

 

Une initiative inspirée par:

Le terrorisme poétique par Hakim Bey.

 

A voir aussi dans le web journal des Urbains de Minuit:

"Une cartographie multi-résistante" par Frédéric Louis.

 

Nydenlafée, fée urbaine et artocrate.