21 grammes

Les occasionnelles de l'Artocrate

Chronique du 24 Janv. 2014. "21 grammes".

Nissa La Bella, ce Mardi 21 Janvier 2014, a vu se produire devant son opéra, un rassemblement qui envoie du lourd, «21 grammes» pour être plus précis. C’était d’ailleurs le nom de cet évènement organisé autour de la thématique de «l’âme».

21 gr c’est ce poids de l’âme dit-on… une théorie émise par le médecin Duncan MacDougall au début du XXème siècle, après avoir réalisée une série d’expériences sur le corps humain, démontrant qu’à la mort de tout individu, à son dernier souffle, une masse de 21 gr disparait de sa masse initiale.

L’équipe de MédiaZ’Elle soutenu par les Galeries Ferrero a mis en scène la notion de l’existence de l’âme et de son image liée aux désirs de l’être humain, en organisant un dialogue pluriculturel, artistique et scientifique, intitulé 21 grs, autour de trois espaces situés dans la rue Saint-François de Paule, son église, la galerie des Dominicains et la rue elle-même.

 

L’âme ça a un poids et ça se pèse. A 14h avait lieu une conférence sur le thème de la pesée de l’âme, dans la salle de conférence des Dominicains. L’objectif n’était pas de prouver l’existence de l’âme mais de faire une étude pluridisciplinaire sur cette notion à travers l’histoire. Les sciences humaines étaient au rendez-vous.

L’égyptologue Richard Beaud a soutenu un exposé sur le parcours de l’âme expliqué dans le livre de morts en Egypte ancienne, parcours initiatique du défunt visant à s’élever jusqu’à la divinité.

Ce fut ensuite au tour d’Alain Percivalle, psychologue et chercheur au CHU de Nice, d’embrayer sur le concept d’âme, notamment en psychologie clinique, ce qu’il induit au niveau cognitif et son évincement dans la psychanalyse.

Guillaume Rabaud, Historien d’art, a pris la suite des commandes dans une rétrospective visant à étudier la vision de l’âme dans l’histoire, à travers les œuvres picturales, de l’iconographie chrétienne médiévale jusqu’à l’imagerie moderne.

L’intervention de Josiane Rieu, directrice du département de lettres de l’université de Nice Sophia-Antipolis et professeur de lettres modernes, a permis de mettre en lumière la volonté humaniste de l’éduction de l’âme, inhérente au concept de perfectibilité de l’Homme, en étudiant la poésie du XVIème au XVIIème siècles.

Pour finir, Loïc Bettini, marionnettiste, a offert une représentation visant à mettre en lumière la volonté de l’être humain de donner une âme à l’objet animé.

 

L’objectif de ce colloque n’était pas de prouver ou non l’existence de l’âme mais bien d’ouvrir le dialogue concernant la représentation que l’humain s’en fait; une image sensée répondre à des désirs de perfectionnement, de rédemption et de peur face à l’inconnu de l’au-delà.

 

Suite à ce programme de qualité, ce fut au tour des artistes de s’exprimer sur ce sujet. Cela faisait des semaines que l’exposition 21 grammes avait été annoncée et c’est à 19h que leurs œuvres ont été dévoilées dans la galerie des Dominicains. Une exposition très masculine, mais n’oublions pas qu’il faut attendre le Concile de Trentre en 1545 pour que la question de l’existante de l’âme chez la femme ne soit plus controversée.

Trêve de taquinerie, Le vernissage avait lieu dans la rue, devant la galerie. Et il fut difficile de ne pas laisser des plumes face la pertinence des installations de Patrick Shumacher et de Daniel Airem… De quoi tomber en béatitude.

Une performance de Patrick Nicolas et d’Eric Caligaris a eu lieu à 19h21. Dans l’église même, Patrick lisait son œuvre "Extrapolation Manifeste PN13TOPUS1P64©", accompagné d’Eric qui manipulait avec fracas des objets sonores, jouant tous deux de la résonnance de l’espace. Mieux valu pour le publique de ne pas avoir bu trop du champagne offert à l’entrée et de ne pas y avoir assisté avec 0,21 gr d’alcool dans le sang.

A 20h, la rue devint le lieu de performance de Jean Mas, avec « l’âme de la tombola », perché sur une échelle devant un publique euphorique.

Puis ce fut le tour de Zoladz Dominique de présenter son œuvre, deux photographies, « les âmes cachée ».

 

Une journée remplie d’un beau programme, instructif et mémorable et qui ne s’arrête pas là. L’expo dure jusqu’au 31 Janvier et l’église St-François de Paule accueillera, le Dimanche 26 à 15h, un « spectacle enchanteurs », avec la Compagnie Picatrix composé de trois partie :une poésie andalouse avec Cantigas de Santa Maria et Chants sépharades, l'histoire de Misère avec des chants traditionnels Polonais, puis, l'histoire du magicien au corps sans âme avec chants Renaissance, Baroques et traditionnels Italiens. L’entrée est libre et la pensée aussi.

 

 

NLF

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