l'expo pluriElle

Les occasionnelles de l'Artocrate

Chronique du 21 Fév. 2014. "L'exposition PluriElle"

Le 8 Mars 2014, aura lieu à La Friche, 1 rue Oscar II, pour la journée de la femme, le vernissage d’une expo multi-art intitulé PluriElle, dénombrant la présence de 26 artistes. Ils ont tous travaillés autour d’un unique modèle, une jeune femme, Leya Smith, qui nous a livré sa réflexion.

 

De l'image à la réflexion:

PluriElle est une exposition regroupant de nombreux travaux artistiques autour d'un même sujet.

Ce projet consiste à rassembler un grand nombre d'artistes afin de confronter leurs regards et spécificités à travers un thème commun : l'image d'une femme. Chaque artiste s'est approprié singulièrement le sujet. Il en résulte une multitude de propositions différentes, aussi bien dans le fond que dans la forme. Chaque démarche est unique, il y a de plus une belle variété dans les pratiques. Certains artistes sont photographes, d'autres dessinateurs, peintres, travaillent la vidéo ou le graphisme, sont amateurs ou professionnels, de tout âge, tous passionnés et réunis au sein d'un même projet. Je m'y livre en amorce vers l'univers de chacun des artistes.

A travers leurs œuvres, nous découvrons, outre leurs problématiques et leur esthétique, les visages multiples d'un individu.

 

Penser : Artiste modèle, j'ai souhaité mettre en avant une certaine façon de pratiquer cette activité, souvent stigmatisée. Selon moi, être modèle, ce n'est pas seulement accorder son image, c'est aussi aller chercher et cultiver en soi les émotions et inspirations nécessaires pour sans cesse proposer de nouveaux points de vue, de nouvelles idées, et faire de sa personne, plus qu'un réceptacle passif, un véritable partenaire. Je souhaite également favoriser des expériences qui dépassent les thèmes classiques de la beauté institutionnelle et du glamour rebattu, si facilement et rapidement associés aux modèles féminins, et par extension aux femmes.

Cette exposition est aussi l'affirmation de ce parti pris : aucun individu ne doit être réduit à un concept. Ainsi, je souhaite rendre compte d'un travail interactif avec les artistes et d'un choix dans mes collaborations, pour lesquelles je privilégie les démarches artistiques affirmées et réfléchies.

 

Dé-penser : Cela rejoint ma propre orientation créative. Etant également plasticienne, j'ai toujours axé mon travail sur l'être humain, et plus précisément sur les multiples individus qui coexistent en un seul. Cela peut concerner toute personne, avec ses aspirations et ses paradoxes, se déclinant jusqu'à la pathologie, le désordre mental. Face à une société qui favorise le culte et les codifications de l'apparence, le corps, inévitablement lié à l'esprit, m'est apparu comme une oppressante prison. Notre perception des autres est influencée et limitée par leur apparence, et réciproquement, nous privant de la richesse de leur personnalité. J'ai donc joué de mon statut de modèle afin de vivre différemment ma prison de chair : j'ai fait de mon corps un manifeste d'empowerment, une libération, un champ des possibles, afin de susciter un questionnement. Je l'ai utilisé comme matériau premier, modelable, œuvrant ainsi pour une émancipation de l'image face aux regards chargés de pressions réductrices. Se réapproprier son corps, rétablir son image, et par là-même celle des autres.

 

Leya Smith.

 

L’exposition restera à la Friche jusqu’au 29 Mars.

Ne ratez pas le vernissage qui aura lieu le 8 Mars, en concert avec les Wild Roses, groupe féminin de rock Indies Folk, déjà ovationnées chez les Artocrates.

 

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