Coupe du monde je t'emmerde

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Chronique du 13 Juin 2014 "Coupe du monde je t'emmerde".

C’est en découvrant cette image que j’ai appris ce qu’il se passait au Brésil. Ce street art est l’œuvre de l’artiste Paulo Ito, qui n’a pas hésité à signer son œuvre, réalisée début Mai 2014 sur le mur d’une école de São Paulo. La photographie a tournée plus de 50 000 fois sur les réseaux sociaux, dénonçant la situation actuelle dans laquelle le gouvernement et la FIFA ont mis les brésiliens et les indigènes.

Pour accueillir la coupe du monde 2014, des millards de dollars ont été dépensés par le gouvernement brésilien qui prétendait ne pas pouvoir apporter de subventions aux structures médicales et aux institutions scolaires, qui sombrent dans une précarité extrême, ambitionnant l’amélioration du niveau de vie pour faire passer la pilule. Cependant chacun sait que la majeure partie des bénéfices produits par l’évènement iront à la FIFA.

Et chose ignoble, afin de construire les infrastructures nécessaires pour accueillir un bouleversement de cette ampleur, des populations entières d’indigènes et de brésiliens ont étaient expulsés de leurs foyers par la force, les favelas ont été «nettoyées», hommes, femmes et enfants ont été massacrés, par les forces armées.

Depuis Juin, les rues du Brésils s’enflamment, des humains se défendent à l’aide d’arcs et de flèches contre des mitraillettes.

Coupe du monde, Jeux olympiques… Ce genre de manifestations sportives, sensées représenter la rencontre amicale entre les peuples, causent des violences et des conséquences irréversibles chez les pays qui les accueillent. Et depuis trop longtemps.

Travaux forcés, main d’œuvre sous payée, sous prétexte qu’il faut construire en urgence des stades et des structures touristiques qui ne serviront que quelques jours.

Génocides, humains massacrés, assassinés par leurs représentants sensés leurs apporter aide et protection, sous le regard des membres de l’ONU, qui pour des intérêts financiers, imitent l’autruche en remuant la queue.

Le pire dans tout ça, c’est que les médias ne se privent pas pour surexploiter les tragédies de ces évènement, tout le monde en parle, tout le monde est outré, mais rien ne change.

Qui se souvient de la souffrance des Tibétains pendant les jeux olympiques 2008 ? Pourtant j’ai mémoire de bons nombres de manifestations et d’associations réclamants l’indépendance du Tibet, puis une foi les J.O. passés, plus rien!

Et la Russie ? Et l’Ukraine ? Il y a quelques mois le téléviseur de ma grand-mère prenait presque feu! Y a-t-il encore un média pour donner de la visibilité à ce qu’il s’y passe ? Ben non les J.O. sont terminés. D’ailleurs y a-t-il encore des sportifs et des touristes pour occuper les gigantesques structures construites pour l’occasion? Ben non ça tombera en ruine et dans 80 ans on dressera un monument en mémoire des sportifs qui ont combattues pour la gloire de leur patrie.

Mais me voilà rassurée, même si la situation au Brésil me donne envie de gerber, je peux dormir sur mes deux oreilles car dans quelques jours je n’en entendrais plus parler. Les populations continueront à crever de faim dans la rue, à souffrir du manque de structures hospitalières et de sanitaires. Mais la coupe du monde terminée, plus personne n’en parlera et je retrouverais l’appétit. Je passerais alors à un autre sujet à sensation, me trouverais encore une âme de révolutionnaire, partagerais les images sur facebook et sur twitter avec la sensation d’avoir agit pour la sauvegarde de l’humanité et pour pouvoir dire «moi je suis pas comme toi, moi je m’indigne». C’est pas comme ça que ça marche?

 

NLF

 

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.