Freehand - entre rêve et révolution technologique

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Chronique de Juillet 2015 "Freehand - entre rêve et révolution technologique"

A la rencontre de Forian LEVY, photographe et infographiste niçois, auteur de la série Freehand.

http://www.florianlevy.com/

 

" FREEHAND :

 

Critique satirique de notre société moderne, les rapports humains y sont confrontés à nos croyances, à la vie, à la mort, à la guerre des pouvoirs, à la technologie, à l'amour ou encore au sexe. Autant de concepts explorés avec pour personnification : la main. Elle est symbole de don et paradoxalement de domination.

 

Freehand - signifiant "à main levée" en anglais - souligne l'aspect aérien des compositions mais appuie également la notion de peinture numérique puisque réalisée à l'aide d'une tablette graphique, à main levée.

 

Blanc immaculé. Les cartels incrustés en bas à droite sur les visuels de la série ne sont pas sans rappeler le tableau périodique des éléments chimiques, aussi appelé table de Mendeleïev. Comme une suite imaginaire aux 118 éléments répertoriés, les thèmes abordés sont pointés du doigt et cachent une double lecture symbolique. "Let go" invite à un lâcher-prise généralisé de notre inconscient et des peurs qui nous enchainent. "

 

 

1/ Florian Lévy, du haut de tes plus ou moins 30 balais, infographiste autodidacte, tu te caractérises plutôt comme un créatif rêveur, à ce que l’on dit. Est-vrai ?

 

Qui à dit ça ? ^^ Oui, je n'aime pas trop l'étiquette d'artiste. J'en ai une image plutôt péjorative, qui ne colle pas avec mon processus de création. En extrapolant, même le terme de création est inadapté : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » (Antoine Lavoisier). Rêveur, oui mais rêveur lucide…

 

2/ Tourné vers l’art digital et le numérique, tu travailles la photographie depuis environ 10 ans. Les sujets que tu traites sont appréhendés à travers une approche surréaliste, témoignant d’un regard empreint d’onirisme et d’une sensibilité dirigée vers l’impalpable. Inspiré par la pop culture, le conte et l’histoire de l’art, il y a dans tes créations des concepts proches de la futurologie. Comment rêves-tu l’avenir ?

 

Je n'ai pas d'ambition particulière, je suis plutôt ancré dans mon présent. Par le passé, je ne me destinai pas à la photographie. Lorsque je regarde mon parcours cette dernière décennie, bien qu'atypique, son évolution est finalement plutôt cohérente. L'avenir proche sera toujours orienté graphisme et photographie. Donc pour répondre en un mot : confiant."

 

3/ Aujourd’hui la recherche scientifique se tourne vers la construction d’un futur toujours de plus en plus proche du « transhumanisme ». Comment vois-tu cette direction ? Penses-tu que l’avenir de l’Homme se trouve dans la robotique ?

 

Bien que très orienté numérique de part mon média de prédilection, je suis clairement païen. Très inspiré par la science-fiction, on se souvient tous de scénarios apocalyptiques sur les intelligences artificielles ou la dépendance de l'homme face au digital..

Dans «TN/ Technology » de la série « Freehand » : nous nous pensons libre penseurs, connectés, sans fil, mais insidieusement cette surface réfléchissante d'un noir intense se dématérialise et s'immisce dans nos vies jusqu'à dominer nos actions.

Utopiquement, j'espère une prise de conscience généralisée – à tous les niveaux – cesser d'être nombriliste, se recentrer sur le réel, savoir faire confiance à son ressenti (≠ intellect), apprécier les moments simples, etc.

 

4/ Aimerais-tu pouvoir transférer ton esprit dans un corps robotique afin de toucher à la notion d’immortalité ?

 

JAMAIS ! Je n'ai pas peur de la mort…

 

5/ Dans les images que tu construits, tu fabriques de la beauté même dans la dureté des sujets que tu traites, créant ainsi des paradoxes. Ce qui m’amène de façon sémantique à songer au paradoxe temporel et à la singularité. Peux-tu nous donner une vision idéale selon toi de la singularité ?

 

Je ne m'étais jamais vraiment penché sur ces concepts d'évolution technologique donc de là à dire « une vision idéale »… Je trouve l'idée plutôt flippante ! Pourtant ultra-connecté à la Matrice façon Néo, je pense tout de même être objectif sur ma place entre ces deux mondes.

 

6/ Et pour finir, si des oursons en guimauve de l’espace venaient envahir la terre pour asservir l’humanité penses-tu avoir assez de cran pour faire parti de la résistance ?

 

Oui, sans aucun problème. Je ne suis pas gourmand de sucre ! Et puisque tu parles d'invasion, que penser de la métaphore contemporaine du zombie ? Lavage de cerveau, (braaaiiiin), désinformation médiatique, société de consommation, dépendance…

Je ne sais pas vers où on va mais on y va. Une chose est sûr, je ferai parti de la résistance des rêveurs !;) s.

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.