L'imagerie du pirate

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Chronique du Ven. 13 Déc. 2013: "L'imagerie du Pirate"

L’imagerie du pirate, dans l’imaginaire collectif contemporain, c’est le boucanier naviguant sur des eaux déchainées, munie d’une splendide jambe de bois, borgne, sabre à la main, accompagné de son perroquet et porté sur la bouteille de rhum. C’est un stéréotype qui né avec la littérature du XIXème siècle, avec l’île au trésor de Robert Louis Stevenson. L’auteur écossais s’inspire de la vision de la piraterie du XVIIIème siècle, âge d’or des flibustiers qui sévissent dans l’Atlantique et la mer des caraïbes.

 

La piraterie maritime existait pourtant dès l’antiquité. Elle fait sa 1ère apparition en méditerranée, avant le IVème siècle av. notre ère, dans cet espace géographique où les civilisations urbaines côtières se sont développées. Le mot « pirate » tire son étymologie du terme grec « peiratês », sa déclinaison verbale « peiraô » signifiant « essayer de » ou « s’efforcer de ». Le terme latin « pirata » pousse la définition pour désigner celui qui « entreprend l’aventure et pousse la fortune ».

 

La nature même de la piraterie se construit autour de la notion survie ; prendre par la force les possessions d’autrui. Une « profession » qui à l’origine est une réponse aux inégalités sociales inhérentes aux civilisations palatiales.

 

Hérodote, patriarche grec des historiens, né en 484 av. n.e., relate les actes de pirateries qui déclenchèrent la guerre de Troie. Les récits d’Homère rivalisent de description de pirateries et de rapts de la gente féminine (l’enlèvement des sabines…). Les exemples sont multiples et pour vous dire à quel point la piraterie était une « profession » assumée dans l’antiquité grecque, je vous invite à lire « La piraterie dans l’antiquité » de Jules-M. Sestier, une étude complète sur le sujet, en libre accès sur http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre14300-chapitre67602.html

 

L’acte de piraterie se développe bien plus facilement sur les mers que dans les terres, avec le manque de forces armées nautiques, laissant les navires marchands en proies aux flibustiers qui ne sont pas considérés comme des criminels. Il faut attendre l’empire romain pour la voire incriminée. C’est Cicéron, homme d’état et grand rhéteur au 1er siècle av. n.e., qui déclare les pirates « ennemis communs à tous ». L’empire romain instaure alors les lois « rhodiennes », une législation nautique, punissant sévèrement les vols commis à bord des navires.

Le pirate reste est alors un combattant sanguinaire, issu des peuples envahisseurs barbare méditerranéen et germanique, tel que les Vandales, vaincu par les romain et rejeté à la mer.

 

En ce qui concerne le début du Moyen-âge, l’histoire dépeint une piraterie marquée par les invasions vikings, qui au VIIIème siècle, pillèrent épisodiquement l’Europe du Nord, jusqu’au XIème, pour finir par se sédentariser en Normandie. Certains historiens s’accordent à affirmer que les Viking n’étaient pas un peuple conquérant, en vue de l’architecture de leurs bateaux, conçus pour des eaux peu profondes et organisés comme des navires à caractère commerciales. Cette notion montre bien à quel point la piraterie n’est donc pas une action revendiquant la prise de pouvoir, mais bien le pillage de biens d’autrui, relatif aux inégalités sociales.

Le pirate médiéval est un « crève la faim », vu comme un barbare immoral, dénué d’honneur et de bonté aux yeux des populations terrestres. Et ce sera ainsi jusqu’à la période de la renaissance.

La piraterie Viking apportera aussi les premières légendes pirates scandinaves, notamment celle du Kraken, poulpe des mers géant, dont la bouche mène aux enfers. A ne pas confondre avec le serpent marin géant, que l’on retrouve dans le mythe de Percée chez Homère…… Vous avez bien compris ? Le film de 2013 « le choc des Titans » n’a cas aller se faire voir chez les grecques!

 

Du XVIème au XVIII siècle, les découvertes du nouveau continent offrent à l’Europe de nouvelles richesses. Les Amériques regorgent d’or. « L’homme blanc », fort de sa suprématie technologique, pille les tribus autochtones. C’est la naissance d’une piraterie légale, organisé par les monarchies occidentales, accompagnée d’une politique coloniale. Le pirate est un représentant de la marine royale qui cache sa nature d’envahisseur derrière le masque de l’explorateur.

Les galions chargés de richesses attirent la convoitise, on voit alors apparaitre une autre piraterie sur l’océan atlantique, ainsi que dans l’océan Indien ; une piraterie plus organisée. L’image du boucanier combattant le corsaire alimente les récits littéraires. Et c’est cette représentation qui restera dans les mémoires collectives et dans les œuvres d’aventures.

 

Sur ce, laissez-moi vous faire un top 10 du pirate de cette période, que l’on retrouve dans les œuvres littéraires et cinématographiques modernes et contemporaines :

 

10. Accueillez le pas très célèbre mais magique Kennit, personnage de Robbin Hobb dans « les aventuriers de la mer », capitaine de navires, obsédé par l’idée de devenir un jour le roi des pirates.

 

9. Nous pouvons également applaudir le fameux Rackham le Rouge, ancêtre du capitaine Haddock dans la bd « Tintin », petit reporter belge qui dans cet épisode intitulé « Le secret de la licorne », se lance dans une fantastique chasse au trésor.

 

8. Dans la famille manga, je voudrais luffy de « One Piece »! Le plus comique des ados voguant sur les mers, qui après avoir mangé le « fruit du démon » devient le plus élastique des capitaines dans l’histoire de la piraterie.

 

7. Le capitaine des « smokers » dans le film « Waterword » (… je ne me rappelle plus de son nom… Denis Hopper je crois…) que combat le très sexy mutant des mers interprété par Kevin Costner.

 

6. Applaudissez le très célèbre et légendaire Barbe-noire, Edward Teach de son vrai nom, pirate anglais du XVIIIème siècle, homme bien réel, hautement utilisé dans les œuvres littéraires de fictions.

 

5. Ce top 10 manque un peu de présence féminine, remédions à cela avec Marry Read, célèbre femme pirate du XVIIIème siècle, célèbre pour s’être fait passer pour un homme et pour avoir dévoilé sa féminité à ses ennemis avant de les tuer. Elle meurt en Avril 1721 mais inspirera bon nombres d’histoires.

 

4. Dans le rôle de la gueule d’amour la plus connue du cinéma en noir et blanc, accueillons le Capitaine Blood, interprété par Errol Flynn, dans le film « Capitaine Blood » de 1935.

 

3. N’oublions pas l’incontournable Long John Silver, personnage principal du « l’ile au trésor » de Stevenson, paru en 1883, repris dans et réinterprété à plusieurs reprises dans différents ouvrages, films, bd… Un peu la figure papale du pirate quoi…

 

2. Je ne pouvais décemment pas faire ce top 10 sans mettre le Capitaine James Crochet en 2ème position. C’est certainement le pirate le plus utilisé dans les œuvres de fiction. Rappelons qu’il est le personnage du Roman « Peter Pan » de l’écrivain J. M. Barrie, ennemi juré du jeune héros et de toutes les populations du pays imaginaire.

 

1. Et enfin, la palme d’or revient sans contestation au charismatique Capitaine Jack Sparrow de la

saga cinématographique « Pirates des caraïbes », interprété par Johnny Depp. On en dira pas plus, tout le monde a vu les films.

 

NLF

 

 

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.