Le retour de L'Excès

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Chronique du 6 Mars 2015 "Le retour de L'Excès".

"L'Excès, ce n'est pas un excès de le ressortir." Michel Warzee

La semaine dernière je retrouve Michel Warzee, venu tout droit de Berlin pour un retour au bercail d'une semaine. C'est chez lui que j'avais fait mes débuts artistiques, au Transformer, un bar underground contre-culturel qui exposait les artistes les plus dégénérés de la région niçoise. Ce jour là il sort de sa poche une série de petits magasines de mes années vintages: L'Excès. Il me dit qu'avec le directeur artistique du feu magasine, ils relance la publication en rafraîchissant le concept. C'était trop tentant de tendre un piège à mon tendre ami et de l'interviewer sur ce projet.

 

Moi : L’excès Kesaco ?

 

Michel : L'excès, c'est un magasine papier qui tien dans la poche, tout en couleur, et qui est principalement dédié à la scène live niçoise, tout ce qui peut y avoir d'artistique et périphérique. Et si on considère que les coiffeurs et les restaurateurs sont des artistes, ils pourraient y apparaître, sans le risque que le plat ou la coupe de cheveux soit raté car ils seront testés et approuvés avant de pouvoir y paraître.

Et sinon c'est un clin d’œil aux belles années où les niçois avaient tous l'Excès dans la poche et où les patrons et les concierges d’hôtel râlaient quand ils étaient en retard sur la diffusion et qu'ils n'avaient pas leurs petits paquets à donner à leurs touristes étrangers, parce que c'était devenu un must et ça a fait un cartons pendant certaines années. Et là on relance le projet.

La sur-affluence de médias fait que l'information est complètement noyée et ce support papier peut sauver l'image et la communication de ceux qui veulent annoncer uniquement ce qui peut se passer en terme de réelle culture niçoise. Chacun aura la possibilité d'annoncer son événement, gros ou petit, de manière gratuite dans le calendrier de l'Excès.

Ce sera un bis-mensuel, donc très réactif et très frais en terme d'actu culturelle.

 

Moi : C'est donc un magasine qui a déjà existé, quelle a été sa durée de parution?

 

Michel : Hooo pendant pas mal d'année, je ne saurais pas te dire, j'ai l'impression qu'il a existé pendant très longtemps tellement il a laissé une marque. Je dirais années 80 et 90, mais quand on aime on ne compte pas et c'est quelque chose qui a eu beaucoup de lecteurs, avec un publique qui suivait le circuit et qui en était créateur avec un grand nombre d’événement, par des animateurs, des créateurs artistiques, ils en étaient très friands. C'est un bon souvenir l'Excès et il nous manquait trop alors comme on le dit, c'est pas un excès de le ressortir.

 

Moi : Aujourd'hui on se nourrit beaucoup des infos des médias gratuits avec internet, sur son ordi ou son smartphone, tu ne penses pas te faire dépasser par le numérique ?

 

Michel : L'excès sera toujours un objet de collection, gratuit, avec un petit côté décalé, un peu satirique, sympathique et uniquement sur papier. On a un photographe qui shootera les soirées de ceux qui le désirent et les niçois y seront stars et people.

Pour moi c'est comme une œuvre d'art contemporain ; tout ce monde qui va d'un lieu à un autre, qui participe à une émulsion. Et là on en sera informé, on verra ce qui se passe, l'ambiance, l'atmosphère...

 

Moi : Si l'Excès est un magasine gratuit, comment le financez-vous ?

 

Michel : La publicité essentiellement et nos sponsors, qui nous permettent de donner la parole gratuitement aux acteurs de la vie culturelle locales.

 

Moi : Il y aura donc une place pour les médias indépendants culturels et non institutionnels, qui œuvrent sur internet, comme lesurbainsdeminuit.fr et lartocrate.com  ?

 

Michel : Ils sont plus que bienvenus. Sans compter que nous avons des pages qui seront dédiées à des capitales, il y aura sûrement de temps en temps un petit article sur Paris, sur Berlin, il faut qu'on sache ce qu'il se passe ailleurs aussi, par des yeux de niçois qui se sont installés là-bas. Et puis pourquoi pas, ouvrir à la poésie, à la littérature, au théâtre, à toutes ces scènes qui sont un peu bannies des magasines d'infos locales, à Nice, qui transmettent une grande énergie malgré leurs petites structures et qui méritent une place haute en couleur.

 

Moi : Quand est ce que l'idée de recréer L'Excès à surgie dans la tête commune de toute l'équipe ?

 

Michel : A la base, j'étais un des annonceurs gratuit parce que je ne faisais pas d'annonce pour des établissements mais je chroniquais sur l'art contemporain de la côte d'Azur et j'écrivais quelques fois aussi de la poésie avec un regard décalé. A l'époque les créateurs de l'Excès étaient trois. Aujourd'hui il n'en reste qu'un, qui possède les archives et le savoir faire, et qui s'est retrouvé à se faire harceler par les patrons d'établissement et les organisateurs de soirées qui lui disaient « Alors quand est ce que tu le ressort ton magasine ? ». On en a parlé tout les deux, de deux on s'est retrouvé trois, de trois on s'est retrouvé quatre, pour se retrouver à cinq, on a recommencé à contacter les écoles de commerce pour la distribution, les échange... Et ça va glisser tranquillement.

Là on retient un peu, on en dit le moins possible, pour que ce soit plus spectaculaire.

L'Excès paraîtra fin Avril.

 

Moi : Et bien alors vivement Avril. Merci Michel.

 

Michel : Merci Nyden.

 

NLF

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.