Stéphanie Lobry

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Chronique du 03 Avril 2015 "Stéphanie Lobry tricote".

Photo © Alchy Alex

Une curieuse petite dame, Stéphanie Lobry, plasticienne et mère de famille hyper active, crochète la maille pour dé-crocheter les préjugés.

Stéphanie tricote mais ne fait pas de tricot. Munie de ses longues aiguilles et de gigantesques mètres de laines, elle sculpte des pièces uniques, tantôt conservées sous cloche de verre, tantôt monumentales accrochées au murs. Crânes, fœtus, neurones, boyaux, les organes sont mis à nu, chaque maillage est une cellule, sans morbide ni mélodrame. Stéphanie étripe avec délicatesse et douceur, le duveteux fabriquant du viscéral. Avec sens du détail et soin des proportions, l'infiniment petit exprime l'infiniment grand. Le médium est lui aussi calculé avec précision, même si le corps est l'objet, la laine n'en est pas moins le propos.

Si l'artiste à choisis ce médium pour monter ses œuvres c'est pour débattre sur l'idée de « parfaite maman », la « bonne mère de famille » d’antan qui tricote de jolis pulls pour ses enfants.

Elle me dit que les opinions préconçues ne sont pas faciles à faire tomber et que les réflexions vont toujours bon train. « Au moins si tu ne vends pas une de tes œuvres tu pourras en faire des écharpes » lui a-t-on dit. Curieux. Comme si le tricot doit être à bobonne ce que les tripes doivent être à un plat qui pue. Surtout lorsque que l'on fini par comprendre que, pour certaines pièces, il a fallut du 8 heures pas jours pendant un mois. Ces boyaux tricotés sortent bien des tripes et à la longue il faut bien se faire violence pour atteindre une patiente d'ange, autrement les aiguilles finissent par sortir des yeux.

 

NLF

 

Le travail de Stéphanie vu dans les Urbains de Minuit

 

Photo © Nannini

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.