Vaginal theory

Rendre à ces arts ce qui

appartient à ces arts.

Mais n'allez pas croire que ce corpus iconographique est une liste exhaustive des œuvres d'arts représentants des vagins. Ce qu'un extrait d'inspiration qui anime les mondes merveilleux qui peuplent mon esprit, de petites muses duveteuse, humides et sinueuses.

 

NLF

Chronique du 06 Février 2015 "Vaginal theory".

Le vagin, cet espace tant redouté mais si désiré que je me plais à explorer. Je le copie, dans sa diversité innombrable et dans le tabou socio-politico-religieux qu'il inspire. Mais vagins aux stylo bic prennent le visage de la disparité humaine, certain semblables au Cris de Munch, d'autres Vierges voilées. Je les fait parler. Car le vagin a une histoire à nous raconter, celle d'un organe trop longtemps mutilé, celle d'un sexe encore assujettit, celle d'un symbole majeur relégué au rend de criminel responsable de la chute de l'homme. Le vagin m'inspire et je ne suis pas la seule.

Rokude Nashiko (traduction « bastard kid ») est une artiste contemporaine japonaise qui réalise des moulages de son propre vagin afin de réaliser d'étonnantes sculptures : de petites mises en scènes modélisées où la forme de sa vulve se fond dans le paysage, formant ainsi une topographie autour duquel s'affairent de petits bonhommes. Insolite pour certitude et pas dénué de bataille puisque tabou au Japon, comme dans le reste du monde. Récemment, Rokude a fait parler d'elle dans la sphère artistique avec un modelage de son vagin agrandis à taille humaine pour en faire un kayak, nous attendons avec impatience le prochain rôle qu'incarnera la vedette-vagin de l'artiste, si toutefois les autorités japonaises lui foutent la paix, après l'avoir arrêté l'an dernier pour « obscénité » et « attende à la pudeur ».

En 2013, l'artiste sud-africaine Reshma Chhiba provoque le débat entre puritains et visionnaires avec son œuvre « Walk-in Vagina », un tunnel rouge de 12 mètres de long recouvert de velours au design vaginal, invitant le public déchaussé à le fouler pour attendre un écran. Exposé dans une ancienne prison pour femmes, on pouvait y entendre les gémissements issus d'un coïte et des rires étouffés. Autant vous dire que les familles conservatrices se sont insurgées comme il se doit, faisant fit du discours délateur sur les violences sexuelles subies par les femmes.

Avant cela, une œuvre qui a intensément été controversée fut celle réalisé par le sculpteur Jamie McCartney, The Great Wall of Vagina, exposé en 2013 à Milan. 400 vagins différents de femmes de 18 à 76 ans, sculptés et regroupés sur 9 mètres en 10 panneaux, illustrant la diversité cosmopolite des vulves afin de dénoncer le mouvement de « normalisation » de la forme du vagin, correspondant aux dictas esthétiques de l'industrie de la pornographie.

Mais n'allez pas croire que la représentation du vagin dans l'art doit envol au 21ème siècle, c'est aux sixties que nous devons cet élan.

En 1966, Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely exposent « Hon » (elle) au musée d'art moderne de Stockholm, une installation monumentale, illustrant brillamment l'essor du féminisme dans les années sixties. Représentation d'une femme allongée et cuisses écarté, les visiteurs entrent par son vagin pour pénétrer dans une « chapelle ardente », berceau sacré de la révolution sexuelle.

Et en 1979, l'artiste américaine Judy Chicago expose « Le Dîner », une « cène » constitué de femmes célèbres (Aliénor d’Aquitaine, Virgina Woolf, la déesse de la Fertilité...) représentées par une assiette de forme vaginale.

A la même époque, aux États-Unis, Betty Tompkins chauffe les plûmes avec ses peinture de chattes. Ces « Fuck/Kiss/Cunt Paintings », images issues de l'industrie du porno et peintes en très gros plan et hautement censurées pendant des années, connaissent le succès en 2008.

 

Bienvenue dans la chronique de Nydenlafée, artiste peintre, illustratrice et plasticienne niçoise.

Ici, on rend à ces art ce qui appartient à ces art, vous l'aurez compris, votre hôte parle d'art et donne surtout son point de vue.

Nydenlafée, rédactrice en chef du fanzine l'artocrate, n'aime pas poser ses pieds nus sur le tapis de bain mouillé, elle voue un culte au thé et au café et aime palabrer pendant des heures sur des sujets alambiqués.